L'expérience des menstruations

 

Beaucoup de femmes vivent des changements positifs autour du début des menstruations – eh oui! positifs, vous avez bien lu. Ceux-ci concernent, par exemple, des hausses d’intuition, de créativité, de perception extrasensorielle et d’appétit sexuel. Mais on ne parle pas de changements positifs lorsqu’il est question des menstruations.

Au contraire, on entend de plus en plus souvent « J’ai mon SPM », « Je suis dans mon SPM ». Certaines femmes utilisent même ces expressions comme synonyme de Je suis menstruée. Elles ont intégré ce concept à leur image d'elles-mêmes et leur image corporelle s'en trouve grandement affectée.

Le SPM est pourtant un faux concept. Non pas que les femmes sont à l’abri de changements physiques et psychologiques lorsqu’elles sont menstruées – au contraire, et ces derniers sont souvent difficiles –, mais tout est la façon dont on les conçoit.

Le SPM est un concept médical négatif; il fait des menstruations une pathologie. En l’intégrant, on est amenée à attribuer les changements physiques et psychologiques que l’on vit en cette phase du cycle au fait d’être menstruée, même s’ils sont causés par des situations difficiles que l’on vit – stress, conflits relationnels, etc. – ou des évènements difficiles de notre passé – comme les abus sexuels. De plus, par sa teinte négative, ce concept nous empêche d’observer les changements positifs de cette phase du cycle.

La recherche scientifique et multidisciplinaire sur les troubles prémenstruels a mené au concept d’exacerbation périmenstruelle (avec le préfixe péri, qui signifie « autour de », car ces troubles peuvent survenir aussi bien pendant l’écoulement qu’avant). Selon ce concept, les déséquilibres physiques et psychologiques sont amplifiés à l’approche des règles. Par exemple, une femme qui a tendance à faire du psoriasis éprouvera plus de démangeaisons autour du début des règles. Une autre qui a tendance avoir mal au dos aura plus mal au dos en cette phase. Les femmes qui souffrent d’épilepsie, d’asthme, etc., auront plus tendance à faire de telles crises en cette phase.

On connaît bien l’exacerbation d’émotions telles que la peine et la colère avant les règles. Or, la colère et la peine sont celles de la femme : l’approche des menstruations ne fait que les exacerber ou déclencher leur émergence. Ainsi, les émotions inconscientes ou subconscientes ou généralement gardées sous silence le reste du mois sont révélées à l'approche des menstruations. Même chose du côté physique : un problème situé juste sous le seuil de manifestation aura tendance à se manifester autour du début des règles.

Les tendances positives aussi sont amplifiées, par exemple, la joie et l’énergie. La seule chose, c’est qu’on n’a pas pris l’habitude de les observer. Pour pouvoir observer quelque chose, encore faut-il savoir quoi observer.

Le sens que l’on donne aux difficultés que l’on vit prend toute son importance lors des menstruations : si on blâme le corps, on s’attaque soi-même, mais si on le remercie pour les messages qu’il nous donne – ces cadeaux de grande valeur −, on lui accorde de l’amour et on génère une plus grande ouverture à ce qui tend à émerger de l’intérieur de soi.

Les concepts médicaux tels que le SPM et le désordre dysphorique prémenstruel (DDPM), de même que le mythe selon lequel les femmes seraient moins performantes au travail lorsqu’elles sont menstruées servent des intérêts financiers et corporatifs très puissants. Ces derniers contrôlent ce qui se dit dans les médias et influencent les décisions des organismes subventionnaires de la recherche, reproduisant ainsi les mythes qu’ils ont créés.

Ultimement, la question est politique. Le pouvoir dont il est question n'est pas seulement politique au sens où on l'entend habituellement – au sens social ou extérieur, mais il rejoint l'idée de pouvoir spirituel. En effet, les menstruations font émerger non seulement les contenus personnels et familiaux inconscients, mais aussi les grands archétypes, qui font partie de soi. Les états de conscience agrandis dont témoignent les femmes autour du début des règles sont confirmés par la recherche en neuroscience.

La façon dont on conçoit et nomme nos changements périmenstruels ou bien nous redonne notre pouvoir ou bien nous en prive. J’aime bien les appeler simplement « énergie prémenstruelle ».

Surveillez la parution du livre sur l’expérience menstruelle et le traitement qu'on en fait aux Éditions Treize Mères ainsi que les articles publiés sur ce site pour en apprendre davantage sur ces sujets.

 

Thème