La physiologie des menstruations

 

Les crampes menstruelles semblent reliées au fait que de la conscience de la femme qui en souffre n’a pas accès à ses organes génitaux, comme si cette zone corporelle ne faisait pas partie de son image d’elle-même.

Dans les médias populaires, les textes sur la dysménorrhée (crampes utérines, migraines, nausées, diarrhées et douleurs diffuses dans les jambes et le bas du dos au début des menstruations) attribuent ces douleurs au fait que certaines prostaglandines sont sécrétées en trop grande quantité dans les zones affectées. Les prostaglandines, dont le nom vient de prostate (à cause du fait qu’elles ont d’abord été découvertes dans le liquide séminal), sont des molécules sécrétées dans presque tous les organes du corps. Elles agissent localement, entre autres, en faisant se contracter les muscles lisses, dont ceux qui sont à l’origine des crampes et des troubles gastro-intestinaux de la dysménorrhée.

Comment se fait-il que des crampes menstruelles se produisent chez certaines femmes et pas chez d’autres? Les femmes ont des contractions utérines pendant tout le cycle. Mais en dehors de la phase menstruelle, elles ne les sentent pas. Dans la dysménorrhée, le muscle utérin a perdu sa cadence de contraction-relaxation normale, il demeure contracté et les contractions y sont anormalement fortes. Celles-ci sont aussi intenses que celles de l’accouchement. Les vaisseaux sanguins qui sont encastrés dans le muscle utérin se trouvent à être étranglés; ainsi, l’oxygène parvient difficilement à l’intérieur de l’utérus, où se trouvent des terminaisons nerveuses, et cela est perçu comme de la douleur.

Or, le taux de sécrétion des prostaglandines est régi par des substances qui proviennent du cerveau. Le phénomène des crampes menstruelles a donc des composantes neurologiques qui, elles, semblent liées à un problème au niveau de l’image du corps.

L’utérus est un organe d’accueil et de plaisir. Comme les autres organes de plaisir, il doit être réintégré à l’image du corps, un processus qui est court-circuité dès la puberté par les diverses formes d’occultation et de dévalorisation des zones sexuelles du corps des femmes. On n’a qu’à penser au clitoris, cet organe aussi volumineux qu’un pénis, qu’on ne représente généralement que comme un tout petit organe – ou pas du tout − dans les illustrations anatomiques.

Le cycle menstruel a vraiment de quoi émerveiller. Au creux de l’utérus se trouve un monde de formes spiralées en constante transformation. Le cycle lui-même se base sur un système intégré d’une grande complexité, comportant l’action de nombreuses glandes, de même que des influences hormonales, neurologiques et autres, qui établissent un lien des plus puissants entre la tête, le cœur et le corps. D’ailleurs, on ne pourrait penser que les femmes sont comme les hommes, car le cycle menstruel normal altère tous les systèmes du corps, même le système nerveux, faisant vivre les femmes comme dans une spirale.

D’autres phénomènes liés au cycle menstruel, tels que la synchronisation des cycles entre femmes et avec le cycle lunaire ainsi que l’augmentation de l’activité dans l’hémisphère droit du cerveau à l’approche des règles ont vraiment de quoi nous fasciner.

Il en va de même des dérangements de la cyclicité, tels que l’irrégularité menstruelle ou l’absence de menstruations, un phénomène des plus intéressants. Certains mythes circulent sur ce sujet qui laissent croire qu’il serait néfaste, pour les femmes, de s’adonner à une activité sportive intense. Ce sont plutôt des pensées négatives sur le corps et la volonté de contrôler l’apparence corporelle par des comportements alimentaires néfastes qui sont à l’origine des côtés négatifs des dérangements de la cyclicité. L’obsession de la minceur est d’ailleurs très courante chez les sportives, surtout dans certains sports. Le sujet n’est pas banal, car ces dernières conditions sont à la base de l’ostéopénie, une condition précurseure de l’ostéoporose.

Surveillez les articles sur ce site pour en apprendre davantage sur les aspects physiologiques des menstruations et du cycle menstruel. La recherche est très active dans ce domaine. L’ouvrage de vulgarisation scientifique Le sang de la Lune, La physiologie des menstruations, paru aux Éditions Treize Mères traite de ces aspects avec profondeur.

Sommaire du livre et extraits du livre

 

 

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